Sept saisons, de multiples récompenses et des millions de fans : dès sa création en 2006, Dexter a remporté un vif succès public et critique. On revient sur cette série à redécouvrir ou à binge-watcher d’urgence !

« Le sang ne ment jamais. »
Voilà un slogan des plus appropriés : Dexter Morgan travaille comme analyste pour la police de Miami. Son métier? Etudier les traces de sang sur les scènes de crime. Mais il a une double vie : il est un serial killer se servant de son travail pour retrouver la trace de tueurs ayant échappé à la justice.

UN PERSONNAGE COMPLEXE

Sous son apparence de gentil garçon timide et transparent, Dexter cache un douloureux secret : il a assisté au meurtre à la tronçonneuse de sa mère prostituée et a baigné dans son sang alors qu’il n’était âgé que de 3 ans. Adopté par Harry Morgan, le policier chargé de l’affaire, il est devenu un jeune homme singulier, dépourvu d’émotions et habité de pulsions meurtrières.

Pour éviter que son fils ne devienne un psychopathe incontrôlable, Harry apprend à Dexter à ne tuer que des meurtriers avérés qui sont passés entre les mailles du filet… en utilisant les méthodes de la police, qu’il intégrera en tant que rat de laboratoire.

Lorsque son père passe l’arme à gauche, Dexter applique le « code » qu’il lui a enseigné et qui lui sert de repère « moral ». Et à chaque fois que le tueur se questionne, son père adoptif lui apparaît comme sa conscience mais aussi comme le reflet de ses peurs les plus profondes : être arrêté et décevoir ses proches lorsqu’ils découvriront la vérité.

 

UN SERIAL KILLER TROP ATTACHANT ?

La question de la morale a beaucoup fait grincer des dents à certains parents inquiets : en obtenant la sympathie du public, le personnage ne pourrait-il pas inspirer des tueurs en puissance, voire même susciter des « vocations » ?

Une question qui s’était déjà posée avec la trilogie des Scream et un certain nombre de films et jeux vidéo violents. D’autres ont voulu réduire la série de Showtime à une œuvre prônant la peine de mort et la justice personnelle… Ce qui n’a pas vraiment fonctionné vu le contenu de la série.

Dans la première saison, le personnage a un côté froid et impénétrable le rendant particulièrement inquiétant, et pas forcément très sympathique. Le spectateur est à la fois révulsé et fasciné par cet anti-héros cette voix-off directe.

UNE REFLEXION SUR LA VIOLENCE

En revisonnant Dexter, on s’aperçoit assez vite qu’aucun des arguments soulevés à son encontre ne tient : même s’il ne se fait pas arrêter, ses actes ne sont jamais glorifiés. La violence des meurtres, brute et non édulcorée, empêche de trouver le comportement du tueur « cool » ou même anodin.

Dexter Morgan est un bien monstre traumatisé et conscient de ses actes. De son propre aveu, il n’est pas un justicier mais cherche seulement à assouvir ses pulsions de la façon la plus « acceptable » possible… Pour lui.

Et c’est bien la question posée par la série : un meurtre peut-il être plus « acceptable » ou « juste » qu’un autre ? La réponse est non.

 

MICHAEL C.HALL : UN ACTEUR GENIAL

L’acteur Michael C. Hal prête son visage au personnage. Il avait décrit le paradoxe du personnage dès la 1ère saison : « Il nie son humanité, il se décrit comme quelqu’un qui ne ressent rien et pourtant, je crois qu’il suspecte, bien qu’il n’en ait pas encore vraiment conscience au départ, qu’il est en réalité un être humain.”

Au fil de ses aventures, Dexter se découvre de nouvelles facettes et éprouve peur, colère, amour ou douleur, même si très peu de choses sont à même de l’émouvoir ou de le perturber. Ce décalage permanent avec ses proches, dont il ne comprend pas toujours les réactions, rend le personnage d’autant plus sympathique au spectateur.

 

CD