Si vous observez le tableau ci-dessus, Mr. Pynchon and the Settling of Springfield, réalisé en 1937 par le peintre Umberto Romano, votre œil sera probablement attiré par un indien qui tient dans sa main un objet insolite…

Ce qui ressemble à un téléphone portable dans la main du personnage ne peut pas en être un, car un tel objet n’a rien à faire dans une œuvre antérieure de plus de 50 ans à son invention. Plus vraisemblablement, il peut s’agir d’un petit miroir remis en offrande, dont le format nous rappelle inévitablement un smartphone.

La présence de ce qui ressemble à des objet anachroniques ou hors contexte, que l’on appelle des Ooparts (Out of place artifacts), n’est pas rare dans la multitude des œuvres qui ont traversé les siècles.

Dans une peinture célèbre réalisée en 1600 par l’artiste italien Aventura Salimbeni, La Glorification de l’eucharistie, il est tentant de reconnaître un spoutnik russe dans le globe sur lequel règnent Dieu et Jésus.

Les sites d’ufologie sensationnelle sont friands de cette image, qui accréditerait l’idée que notre véritable histoire n’est pas celle que l’on nous raconte.

La main des extra-terrestres ?

En réalité, une telle représentation du globe de la création – ou sphère céleste – qui symbolise l’univers, est assez courante dans les œuvres de cette époque. Le fait que son aspect nous rappelle quelque chose de connu nous étonne naturellement, mais il ne faut pas nécessairement y voir la main des extra-terrestres.

 

Un autre exemple célèbre ? Dans le temple funéraire égyptien d’Abydos, d’étranges hiéroglyphes semblent représenter un hélicoptère, un char d’assaut, et un – voire deux – objets qui ressemblent à un avion ou à une navette spatiale.

Pour les égyptologues, l’explication est simple : le pharaon Ramsès II aurait commandé des retouches de gravures exécutées sous Sethi Ier, afin de se « réapproprier » leur signification. Avec pour résultat que des hiéroglyphes se chevauchent et forment des signes énigmatiques.

Il faut aussi avoir conscience que, compte tenu de la créativité des graveurs de pierre de l’Égypte ancienne, et du nombre de hiéroglyphes existant, il n’est pas si étonnant que quelques-uns nous rappellent des formes contemporaines familières.

Le sarcophage de Palenque, découvert au Mexique dans un temple maya, peut lui quant à évoquer un homme chevauchant et pilotant un engin volant doté d’une tuyère.

Depuis des décennies, des ufologues et passionnés de paranormal traquent dans les œuvres et des les vestiges archéologiques des preuves que la Terre aurait été visitée, dans notre passé, par des êtres venus d’ailleurs. Cette thèse, connue sous le nom de théorie des anciens astronautes, a fait le succès de l’écrivain suisse Erich von Däniken, auteur dans les années 60 du best-seller Présence des extra-terrestres.

Un phénomène connu : la paréidolie

En réalité, notre réaction face à ces œuvres manifeste une tendance ancrée dans notre cerveau depuis la nuit des temps : celle de chercher instinctivement à reconnaître une forme et à l’associer à quelque chose de déjà connu. Ce phénomène, nommé paréidolie, est le même qui nous fait reconnaître dans des nuages des formes familières.

 

Évidemment, le web et YouTube regorgent de canulars et d’images montées de toutes pièces. Parfois aussi, ce sont de petites farces glissées dans des œuvres authentiques pour introduire de la fantaisie ou de l’insolite. C’est par exemple le cas du cosmonaute de la cathédrale médiévale de Salamanque, taillé par un artisan lors d’une rénovation en 1992.

À moins que la vérité ne soit ailleurs…

F.C.