Quentin Tarantino vient tout juste de sortir son neuvième long-métrage. Once Upon a Time… in Hollywood qui est aussi parvenu, en quelques jours à peine, à s’imposer comme l’un des plus grands succès du metteur en scène. L’occasion pour nous de faire un petit bilan et de dresser un classement de tous les films de l’ex-enfant terrible des vidéo-clubs… 

Groom Service (1995)

Ce n’est pas vraiment un film de Quentin Tarantino puisque ce dernier n’a réalisé qu’un seul des 4 segments. Pour autant, même si le sien est probablement le meilleur, il réussit aussi à se montrer relativement ennuyeux et forcément moins intéressant que tout ce que le metteur en scène/scénariste a produit. 

Inglourious Basterds (2009)

À partir de là, on s’attaque à du lourd. Car ce n’est pas parce qu’Inglourious Basterds est classé à cette position dans notre top qu’il faut obligatoirement le considérer comme mauvais. Loin de là, tant ce film de guerre qui réécrit l’Histoire, s’avère plus qu’à son tour audacieux et virtuose. Une grande réussite prouvant en plus que Tarantino, ici pour la première fois aux commandes d’un film de guerre, est véritablement un touche-à-tout de génie. Et puis cette scène d’ouverture…

Boulevard de la mort (2007)

Réalisé dans le cadre du diptyque Grindhouse (avec Planet Terror de Robert Rodriguez), Boulevard de la mort est un excellent film d’horreur qui rend hommage aux films d’exploitation d’antan. L’histoire de ce cascadeur complètement fou, qui tue au volant de sa voiture se montrant à la fois effrayante mais aussi sur bien des aspects jubilatoire. Surtout quand le cascadeur en question récolte la monnaie de sa pièce. 

Les Huit Salopards (2015)

Une sorte de pièce de théâtre filmée magnifiquement écrite et portée par un casting aux petits oignons. Un western tragi-comique comme Tarantino sait si bien les faire, de plus remarquablement immersif. 

Reservoir Dogs (1992)

Premier coup d’essai, premier coup de maître ! Tarantino rend hommage aux films de braquage et impose d’emblée un style très affirmé et référentiel. La scène d’ouverture a marqué l’histoire du cinéma. Le reste aussi d’ailleurs. 

Kill Bill (2003 et 2004)

Parce que les deux volets de cet ambitieux film de vengeance sont indissociables l’un de l’autre. Parce qu’Uma Thurman y est parfaite et parce qu’ici, l’hommage aux films d’arts-martiaux (entre autres références) prend la forme d’une sauvage équipée totalement incarnée, visuellement virtuose et brutale à souhait ! 

Django Unchained (2012)

Le premier western de Quentin Tarantino est une merveille absolue. Un film au départ désenchanté, qui regarde en face les fantômes d’une certaine Amérique, avec aplomb et pertinence. Porté par des acteurs en état de grâce, Django Unchained est d’ailleurs bien plus qu’un simple western. C’est une épopée violente, parfois drôle, parfois déchirante, d’une acuité terrible et d’une précision dingue. Un coup de maître. Un autre. 

Jackie Brown (1997)

Étrangement sous-estimé, Jackie Brown est pourtant l’un des meilleurs films de Tarantino. Le réalisateur qui paye ici son tribut aux films de Blaxploitation en offrant notamment à Pam Grier, la légendaire Foxy Brown, un rôle à la hauteur de son extraordinaire talent. Robert De Niro de son côté, brille dans la peau d’un magnifique loser face à une incandescente Bridget Fonda et à un Samuel L. Jackson parfaitement à son aise. Là aussi sublime intro sur du Bobby Womack. Inoubliable. 

Pulp Fiction (1994)

Un classique. Un chef-d’œuvre absolu qui a non seulement marqué son époque mais qui a aussi initié un genre à part entière. Cela dit, depuis 1994, personne n’a vraiment réussi à égaler Pulp Fiction. Une fresque chorale dans Los Angeles. Des personnages puissants, drôles et audacieux. Un scénario éclaté incroyablement écrit. Une rythmique parfaite. Un must on vous dit ! 

Once Upon a Time… in Hollywood (2019)

Oui, le neuvième film de Quentin Tarantino est aussi son meilleur. Pourquoi celui-là et non Pulp Fiction ou Jackie Brown ? Parce que cette chronique douce-amère plongée dans l’ambiance du Los Angeles de la fin des années 60 s’impose comme le film le plus touchant du réalisateur. Le plus émouvant aussi. Un long-métrage qui plus est surprenant, où Tarantino s’affranchit du schéma qui fut souvent le sien, histoire de nous prendre à revers et de livrer sans aucun doute l’une des plus magnifiques déclarations d’amour au cinéma jamais vues sur un écran. Sans compter que Once Upon a Time… in Hollywood est aussi incroyable quand il raconte la fin d’une époque et le début d’une autre. Avec beaucoup de sensibilité, de précision et de pertinence. Un chef-d’œuvre ! 

Alors, d’accord ou pas d’accord ?