Bien parti pour gagner la course aux Oscars, détenteur d’un Lion d’or et fort d’un succès ahurissant outre-Atlantique, le Joker de Todd Phillips a su faire parler de lui avant son arrivée dans les salles françaises.

Racontant comment le Joker, l’ennemi juré de Batman, est devenu le Joker, cet incroyable film n’a pas usurpé sa réputation et s’apparente à un gigantesque coup de pied dans la fourmilière. Parce qu’il dit beaucoup plus de choses sur notre société que tous les autres films du genre avant lui, et parce qu’il se situe à total contre-courant des autres productions super-héroïques, DC ou Marvel. Cela dit, voici les 3 bonnes raisons d’aller le voir sans tarder. Les 3 plus évidentes en tout cas !

  1. Joaquin Phoenix

Pivot de l’histoire, l’acteur surdoué incarne ici Arthur Fleck, un comédien de stand-up raté et frustré, amené à devenir le Joker, cette figure majeure du crime organisé. Livrant une performance monstre, investi comme jamais, aussi bien psychologiquement que physiquement (il a perdu plus de 30 kg), Phoenix offre à sa filmographie un nouveau rôle complètement fou. Le tout en faisant preuve d’un sens de la nuance assez dingue. À tel point qu’il devient légitime de se demander comment il a pu sortir du personnage après être allé aussi loin…

  1. L’histoire

Joker se déroule dans le Gotham City de la fin des années 70 ou du début des années 80. Ici, pas de Batman. Bruce Wayne ayant à peu près 10 ans. On peut d’ailleurs l’apercevoir à plusieurs moments clés du film. Joker, comme son nom l’indique, se concentre exclusivement sur les origines du Joker. Plus ou moins adapté du comic book culte Killing Joke, le film de Todd Phillips explore la psyché en décomposition d’un homme seul, malade et frustré, se montrant au final incroyablement marquant et, il faut bien le dire, violent. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le film est interdit aux moins de 12 ans.

  1. La mise en scène

Joker na rien d’un film de super-héros classique. Oubliez tout ce que croyez savoir sur le Joker. Oubliez les performances de Jared Leto, et même celles de Jack Nicholson et Heath Ledger. Ce Joker-là ne ressemble qu’à lui. Un drame poignant, mais pas forcément au sens où on l’entend d’habitude, très sombre et perturbant, que Todd Phillips manœuvre avec une maestria étonnante.

Todd Phillips qui, pour info, a réalisé les trois Very Bad Trip. Rien à voir et fini de rire donc pour le cinéaste qui signe ici, à grand renfort de mouvements de caméra audacieux et de fulgurances, un authentique chef-d’œuvre.