Les concerts, on adore, à condition de prendre quelques mesures préventives pour ne pas ruiner son système auditif. Car oui, n’importe quelle musique, poussée à un volume excessif, peut devenir dangereuse pour les oreilles.

Nos oreilles peuvent encaisser un certain niveau sonore. Quand celui-ci est dépassé, des lésions peuvent apparaître. À divers niveaux.

Quand est-ce que le son devient nocif ?

On estime qu’en dessous de 80 décibels, pas de risques, tout va bien ! Au-dessus néanmoins, il faut être prudent. Concernant les concerts et les festivals, la loi a fixé la limite à 102 décibels, mais il est évident que le son atteint des sommets, en particulier près des baffles. Ainsi, dans l’idéal, les experts estiment que même au beau milieu d’un festival, quand un groupe joue sur scène, il faudrait avoir la possibilité de parler avec d’autres personnes sans avoir à hurler. Forcément, c’est rarement le cas.

Quels sont les risques ?

Passer 1h30 ou 2h devant un concert à plus de 110 décibels peut entraîner des conséquences qu’on peut diviser en deux catégories : les phénomènes temporaires et les phénomènes persistants.

Parmi les phénomènes temporaires, les bourdonnements et les acouphènes arrivent en première position. On entend moins bien, on perçoit des sifflements et bien souvent, ces désagréments s’estompent au fil des jours pour totalement disparaître.

En revanche, dans certains cas, ils persistent et c’est là qu’il convient de consulter un médecin ORL. Sachez tout de même que même dans le cas d’acouphènes temporaires, l’oreille interne a souffert. Ce qui peut entraîner à la longue une surdité précoce. Et ça ne concerne pas que les concerts de metal ou de techno hardcore. On peut tout à fait morfler un maximum en passant 2 heures devant les enceintes d’un concert d’Angèle ! Et cela n’a rien à voir avec le fait d’aimer ou non la musique de l’artiste belge.

Parmi les phénomènes persistants, on peut mentionner les acouphènes plus sévères et parfois permanentes, la baisse de l’audition ou l’hyperacousie (sensibilité exacerbée aux sons). Des pathologies pouvant apparaître et s’installer en cas d’exposition prolongée à un volume sonore exceptionnellement puissant.

Comment réduire le risque…

… et quand même en profiter ?

Pour profiter d’un concert et à plus forte raison d’un festival, soit une exposition de plusieurs heures à des volumes sonores excessifs, voici quelques conseils faciles à suivre :

  • ne vous tenez pas près des enceintes : c’est non seulement dangereux, mais en plus ça ne permet pas de bien profiter du show. Le mieux est si possible de se placer à bonne distance, entre les deux enceintes.
  • investissez dans des bouchons auditifs : le mieux, autant le dire tout de suite, est de faire fabriquer des bouchons personnalisés et adaptés. Mais cela peut représenter un coût assez important. Pour autant, les bouchons qu’on peut trouver en pharmacie peuvent aussi faire le job. À noter qu’il existe des bouchons réutilisables, un peu plus chers que les bouchons en mousse classiques, qui proposent d’atténuer les sons de manière plus subtile (il s’agit des bouchons en silicone), sans trop empiéter sur la qualité et le confort sonore.
  • essayez de réduire la durée d’exposition : on estime qu’au bout de 2 heures en concert, une pause est nécessaire.
  • après un concert, mettez vos oreilles au repos : en d’autres termes, ne vous ruez pas sur votre baladeur après un spectacle ou de mettez pas le son de votre autoradio à fond sur le chemin du retour.
Quelques concerts records

S’il existe des lois concernant la limitation des décibels en concert, régulièrement, ces limites sont dépassées. En 1996, le groupe électro Leftfield, en concert à la Brixton Academy à Londres, a atteint 137 décibels.

En 1980, sur la tournée Back in Black, AC/DC a atteint 230 décibels ! Une intensité nocive pour les musiciens eux-mêmes. AC/DC qui dut d’ailleurs remplacer provisoirement son chanteur Brian Johnson, en raison des importants problèmes d’audition dont il souffre régulièrement.

En 2011, en Nouvelle-Zélande, les Foo Fighters ont déclenché deux sismographes ! Imaginez les dégâts sur de simples oreilles. Manowar est monté jusqu’à 139 décibels en 2008 dépassant ainsi l’intensité sonore d’un avion à réaction.

Quand de groupe est encore dans ta tête APRES le concert…

Quand le revêtement du plafond se décolle…

En 1986, Motörhead, qui avait la réputation d’être le groupe le plus bruyant du monde, a joué dans une salle dont le revêtement du plafond s’est carrément décollé ! Motörhead, toujours, a aussi reçu des plaintes pour tapage nocturne après un concert. Les habitants incommodés vivaient à plus de 10 kilomètres du lieu du concert !

Et enfin, n’oubliez pas qu’une fois le trouble auditif installé, c’est pour la vie ! Il n’existe pas de remèdes. Alors autant faire attention pour pouvoir continuer à profiter de la musique en toute quiétude.

Plus d’infos sur www.nosoreilles-onytient.org.


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